Disparaisse ce jour; Bottéro-Kramer; Lorsque les dieux faisaient l'homme.

La tempête frappait la terre,

interrompant sa rumeur comme l’on brise un pot !

Et, le déluge déchaîné,

L’anathème passa

comme la guerre sur les hommes !

Personne ne voyait plus personne :

nul n’était discernable dans ce carnage !

Le déluge mugissait comme un taureau,

et, comme un aigle qui glatit,

le vent hurlait.

Profondes étaient les ténèbres,

le soleil ayant disparu,

Les gens mouraient comme des mouches.

Le fracas du déluge

épouvantait même les dieux.

Enki était hors du sens,

à voir ses enfants emportés

sous ses yeux !

Nintu, la grande dame,

trahissait son horreur de ses lèvres,

tandis que les Anunnaku, les grands-dieux,

demeuraient là anéantis de faim et de soif.

A ce spectacle la déesse éclata en sanglots,

La sage femme divine, Mammi-l’experte :

« Disparaisse ce jour (criait-elle),

puisse-t-il retourner aux ténèbres !

Mais moi, dans l’assemblée des dieux,

comment ai-je pu, avec eux,

prendre une telle décision finale ?

Le poème d’Atrahasîs, ou de Supersage, tablette III, v.9-38

Lorsque les dieux faisaient l’homme, Mythologie mésopotamienne par Jean Bottéro et Samuel Noah Kramer, Bibliothèque des Histoires, nrf, Éditions Gallimard.

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