la tendance à rivaliser, à se comparer

autrement dit d’exhiber les signes d’un statut supérieur à celui de ses congénères. Dans une société régie par cette loi anthropologique, une partie de la production vise à satisfaire les besoins concrets de l’existence de ses membres. Mais le niveau de production nécessaire à ces fins est assez aisément atteint, et à partir de ce niveau, le surcroît de production est suscité par le désir d’étaler ses richesses afin de se distinguer d’autrui. Cela nourrit une consommation ostentatoire et un gaspillage généralisé.

La théorie de Veblen explique efficacement le fonctionnement actuel de la société capitaliste, et la mondialisation de la culture permet au ressort qu’il a identifié de jouer sur la scène planétaire : ce ne sont plus seulement les petits bourgeois de Cincinati ou de Montélimar qui cherche à copier les canons de la bienséance posés par les oligarques de New York, de Rome ou de Paris mais aussi les classes moyennes de tout les pays, et particulièrement des pays dits émergents, qui se tournent vers les pays les plus riches où ils trouvent le modèle à imiter pour assurer à domicile leur position symbolique.

C’est ce qu’indique par exemple Rajendra Pachauri, le président du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat): « Les pays en développement ou émergents sont imprégnés par les images de prospérité des pays riches. Leur imaginaire baigne dans la consommation, la culture occidentale. »(propos recueillis par Christian Losson, Libération,1 avril 2008) Sudha Mahalingam, une spécialiste indienne des politiques énergétiques, le confirme: »Les classes moyennes en Inde voient ces images puissantes à la télévision, le mode de vie occidental qui est si désirable, ils voient les feuilletons anglais, ils regardent les chaines Discovery, Travel, ils veulent ça, ils pensent que c’est le bon mode de vie. »(communication personnelle, juin 2008)

« La valorisation de l’image, qui caractérise la manière de consommer des Chinois, est surtout le fait des nouveaux riches, constate un journaliste chinois. Ils sont désormais les acteurs principaux de la consommation en Chine. Malgré leur nombre très limité, ce sont eux qui déclenchent et guident les tendances. »(« La valorisation de l’image » : Yan Liu, « Parés pour la société de consommation », Zhongguo Xinwen Zhoukan, traduit par Courrier international, 6 septembre 2007)

pg 11-12

Hervé Kempf; Pour sauver la planète, sortez du capitalisme; Points; essais.

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2 réponses sur “la tendance à rivaliser, à se comparer”

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