Frontière linguistique prépondérante; Laborit

Le découpage linguistique ou économique sera vraisemblablement prépondérant, la langue est sans doute un obstacle considérable à la réalisation d’une société planétaire. Il est déjà difficile de s’entendre en utilisant la même langue. Un père et un fils ne se comprennent pas, bien que parlant le même langage, car l’expérience qu’ils ont des mots n’est pas la même et que les automatismes conceptuels, les jugements de valeur, liés aux mots vagues comme liberté, égalité, justice, homme droit, devoir, discipline, etc.., sont forcément différents. C’est sans doute la base fondamentale des conflits de génération à coté de la dépendance économique, de la génération montante à l’égard de la descendante. Il est encore plus difficile de s’entendre lorsque l’on parle deux langues différentes, véhicules de ce qu’il est convenu d’appeler deux cultures différentes, c’est-à-dire véhicules de l’ensemble des jugements de valeur et des préjugés façonnés au cours des siècles par une niche écologique particulière. Il semble donc qu’un bilinguisme généralisé sera longtemps nécessaire, usant d’une langue internationale planétaire et de la langue locale, celle du sous-ensemble, permettant de conserver l’expérience accumulée au cours des siècles par ce sous-ensemble qui a grandi dans une niche écologique qui lui est propre. En effet, reconnaître les particularités d’une collectivité régionale, comme reconnaître chez l’autre, entre individu, la différence et surtout l’admettre, au lieu de vouloir la supprimer pour supprimer l’angoisse qu’elle nourrit par le déficit informationnel qu’elle véhicule, est une base fondamentale de l’inclusion d’un sous-ensemble dans un ensemble plus vaste. La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard. Pg 202]]>

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