Après l’âge d’or, voici l’âge de plomb; Diamond

À vrai dire, il a toujours été difficile pour les êtres humains de savoir à quel rythme ils pouvaient se permettre de prélever des ressources biologiques sans courir le risque de les épuiser. Lorsque celles-ci s’amenuisent, ce fléchissement peut ne pas être facile à distinguer d’une fluctuation normale survenant au cours d’une année. Il est encore plus difficile d’estimer à quelle rythme des ressources nouvellement découvertes sont engendrées par les processus naturels. Lorsque les signes de déclin commencent à être suffisamment clairs pour que tout le monde en soit convaincu, il se peut fort bien qu’il soit trop tard pour sauver une espèce ou un biotope donnés. Par conséquent, on ne peut condamner moralement les peuples préindustriels qui ont sapé leur propre base d’existence ; simplement ils n’ont pas su résoudre un problème écologique dont l’intelligence est véritablement difficile. Assurément, leur échec a eu des conséquences tragiques, puisqu’il a déterminé l’effondrement du mode de vie qui leur était fondamental. Mais les échecs tragiques de ce genre sont moralement condamnables seulement dans la mesure où les enjeux sont préalablement connus. À cet égard, il y a deux grandes différences entre les indiens Anasazi et nous : nous possédons la connaissance scientifique et nous avons des livres. Nous savons comment calculer la croissance démographique admissible et fonction du rythme d’exploitation des ressources, eux ne le savaient pas. Nous pouvons lire dans les livres tout ce que l’on sait des désastres écologiques du passé, eux ne le savaient pas. Et pourtant, notre génération continue à chasser les baleines et à défricher les forêts tropicales humides comme si personne n’avaient jamais chassé les moas ou abattu les forêts de pins pignons ou de genévrier. On peut considérer que le passé a été, en effet, un âge d’or, dans la mesure où il reposait sur l’ignorance, tandis que notre présent est un âge de plomb, qui a pour pilier la cécité volontaire.

Jared Diamond ; Le troisième chimpanzé ; Folio essai ; 1992; p 589-590

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Diviser, compartimenter, segmenter, simplifier, multiplier les systèmes fermés pour mieux régner ; Laborit

Il est sans doute plus facile de créer l’unité nationale contre un système extérieur et antagoniste quand la structure hiérarchique est étalée comme c’est le cas dans les pays industrialisés. C’est une des raisons qui vraisemblablement rendent si difficile l’association dans un plus grand ensemble de ces systèmes nationaux fermés. De même, pour provoquer une crise révolutionnaire à l’intérieur de tels systèmes, il est utile de propager l’idée de classes sociales peu nombreuses et d’occulter les hiérarchies professionnelles à multiples barreaux. Utile de profiter du malaise social pour obliger chaque individu à se situer à travers son vécu journalier dans le champ des insatisfaits ou des satisfaits de façon à provoquer l’apparition de deux systèmes fermés antagonistes. Inversement, pour maintenir un système hiérarchique de dominance, il est profitable de multiplier les barreaux de l’échelle hiérarchique, de multiplier les systèmes fermés, les corporatismes, les sous-ensembles. Ce n’est là d’ailleurs que l’exploitation intuitive du vieil adage : « diviser pour régner. ».

La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard.

Pg298

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L’archéologie au secours du futur; Diamond

Peut-on tirer des leçons pratiques de ces récentes découvertes archéologiques ? On considère souvent que l’archéologie est une discipline universitaire sans grande importance pour la société ; en raison de ce statut, son budget est le premier à être réduit dès qu’il faut diminuer les dépenses allouées par le gouvernement à l’éducation. La recherche archéologique est cependant l’un des meilleurs outils de prédiction et d’évaluation dont puissent disposer les autorités. Nous sommes actuellement en train de lancer dans programmes de développement susceptibles de provoquer des dégâts irréversibles. Or, ils ne représentent que la réalisation, sur une plus grande échelle et avec plus d’efficacités, de programmes déjà exécutés dans le passé. Nous ne pouvons assurément pas nous permettre de faire des expériences consistant à laisser se développer cinq régions de cinq façon différentes pour voir lesquelles vont courir au désastre et lesquelles vont s’épanouir. En revanche, il est beaucoup moins coûteux et risqué de financer des recherches archéologiques ayant pour mission de découvrir comment tel développement économique ou technologique s’est inversé en catastrophe et de comprendre comment ne pas répéter les mêmes erreurs.

Un exemple éclairera mon propos. Le Sud-Ouest américain possède plus de deux cent cinquante mille kilomètre carré de forêts de pin pignons et de genévrier que nous sommes en train d’exploiter de plus en plus sous forme de bois de chauffage. Malheureusement, les services forestiers des États-Unis ne disposent pratiquement pas de données qui puissent les aider à calculer le rythme des prélèvements admissibles, en fonction du rythme de régénération de ce type de forêt. Or, les Anasazi ont déjà réalisé cette expérience jadis et se sont trompés, de sorte que cette végétation ne s’est toujours pas rétablie dans le Chaco Canyon, après 800 ans. Il serait moins coûteux de financer des recherches archéologiques pour retrouver à quel rythme les Anasazi ont consommé leur bois de chauffage que de commettre la même erreur qu’eux et transformer une région de 250 000 kilomètres carrés en désert, comme nous sommes peut-être en train de le faire aujourd’hui.

Jared Diamond ; Le troisième chimpanzé ; Folio essai ; 1992; p 587-589

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Mécanisme de l'agressivité entre nations; Laborit

L’agressivité guerrière entre nations semble posséder des mécanismes assez analogues à ceux de l’agressivité entre deux individus. Elle résulte ainsi de l’impossibilité pour une nation donnée de continuer ses actions gratifiantes, économiques en général. Le plus souvent c’est le groupe dominant de cette nation qui ne peut se gratifier, mais il parvient, puisqu’il est détenteur des moyens de diffusion de l’information, à faire croire à l’ensemble national que son intérêt privé est l’intérêt national et à susciter « l’union sacrée ». Jusqu’ici, il ne semble pas qu’une ouverture horizontale entre classes fonctionnelles de deux nations en imminence de conflit ait jamais pu s’opposer efficacement au déclenchement du conflit. Cependant, dans certains cas l’origine de celui-ci paraît être attribuable à une nation dominante. Comme l’individu dominant, la nation dominante paraît dénuée d’agressivité. Elle se satisfait de sa dominance. Mais comme l’individu dominant elle a immédiatement tendance à étendre son information-structure, son style de vie, considérant que tout le monde doit l’accepter, l’admirer, le partager. Toute structure socio-économique différente de la sienne représente, pour une nation dominante, une structure « barbare » et puisque la sienne lui a permis d’accéder à la dominance, les autres doivent l’imiter et pour cela accepter son « leadership ». Elle a aussi tendance à étendre son emprise économique et à considérer que tous les biens de ce monde lui sont dus, sont sa propriété. En échange, elle fournit son amitié, sa protection, et quelques broutilles à consommer. Ceux qui n’acceptent pas cette soumission sont évidemment des hérétiques, des « méchants », qui doivent être punis car ils menacent la paix du monde dont elle est gardienne. Toute contestation, tout essai de dégagement économique ou structurel déclenche immédiatement de sa part des représailles guerrières. Ces représailles sont toujours justifiées, elles défendent une cause juste, en général la liberté, car la liberté ne peut s’obtenir évidemment que dans l’acceptation de la dominance.

La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard. Pg297

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Facteurs de pérénité d'une civilisation; Diamond

Comment, dès lors, concilier les récentes découvertes sur les catastrophes écologiques du passé, qui obligent à conclure que l’âge d’or souvent évoqué par les écologistes est vraisemblablement un mythe (assurément toutes les espèces n’ont pas été exterminées, et tous les milieux naturels n’ont pas été détruit, de sorte que les désastres du passé n’ont pas eu un caractère total), avec la conservation des espèces observée chez de très nombreux peuples préindustriels d’aujourd’hui ?

On peut considérer que les vieilles sociétés égalitaristes de petite dimension ont tendu à inventer des pratiques écologiques (visant à la conservation des milieux et des espèces), parce que au fil de leur longue histoire elles ont disposé de beaucoup de temps pour bien connaître leur environnement local et percevoir où était leur propre intérêt. À l’inverse, les catastrophes sont survenues lorsque des peuples se sont mis à coloniser des milieux qu’ils ne connaissaient pas (comme les Maoris lorsqu’ils sont arrivés en Nouvelle-Zélande ou les Pascuans sur l’île de Pâques) ; ou lorsque des peuples se sont développés en bordure d’une nouvelle région et qu’ils ont été obligés de s’y introduire dès l’instant où ils avaient déterioré la région précédente (comme cela a été le cas pour les ancêtres des Indiens quand ils ont atteint l’Amérique) ; ou lorsque des peuples ont acquis une nouvelle technologie et qu’ils n’ont pas eu le temps d’en mesurer les potentialités destructrices (comme c’est le cas actuellement des Néo-Guinéens qui sont en train de décimer les populations de pigeon avect des fusils de chasse). On peut également dire que des catastrophes ont également toutes chances de se produire dans les États centralisés où la richesse est concentrée entre les mains de souverains qui n’ont pas de contact personnel avec l’environnement. Et certaines espèces et certains biotopes sont plus vulnérables que d’autres : pour les espèces, cela a été le cas des oiseaux ne volant pas et n’ayant jamais rencontré d’êtres humains (tels les moas ou les aepyornis). Pour les biotopes, cela a été le cas de milieux secs, fragiles et ne tolérant aucune déterioration, au sein desquels les civilisations méditerranéenne ou anasazi se sont développées.

Jared Diamond ; Le troisième chimpanzé ; Folio essai ; 1992; p 586-587

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Hypothalamus, système limbique,cortex imaginant; Laborit

S’il existe une certitude humaine contemporaine, que la « pensée »globale de nos grands ancêtres ne percevait pas encore, c’est que l’action ne peut continuer à être guidée seulement par l’hypothalamus instinctif ou les automatismes limbiques, mais a tout intérêt à contrôler ceux-ci par le cortex imaginant. A partir de là, si la révolution est nécessaire, pourquoi pas ?

Hypothalamus : contient les centres essentiels de la vie végétative. Leurs principales fonctions sont la régulation de l’équilibre hydrique (soif), thermique, du métabolisme des glucides et des lipides, de la pression artérielle, de la fonction pigmentaire et hypnotique. Ils gouvernent également la fonction hormonale des glandes génitales…. Région la plus primitive du cerveau, la plus ancienne, où sont programmés de façon innée les comportements les plus immédiatement indispensables à la survie, ceux qui assurent directement le maintien de l’homéostasie.

Système limbique : région du cerveau apparue avec les vieux mammifères (hérisson) et nécessaire à la mémoire, elle-même indispensable à l’affectivité et l’apprentissage. Le système limbique est donc à la base de l’acquisition des automatismes aussi bien gestuels que conceptuels.

La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard. Pg293

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Aucune population ne peut croître indéfiniment; Diamond

Certaines populations animales se sont elles-mêmes condamnées à l’extinction en détruisant totalement leur ressources. Vingt-neuf rennes ont été introduits en 1944 sur l’île de Saint Matthew dans la mer de Béring. Ils s’y sont multipliés jusqu’à ce qu’en 1963 leurs descendants atteignent le nombre de 6000. Mais ces animaux se nourrissent de lichens à croissance lente. Sur l’île de Saint-Matthew, la population de ce végétal n’a pas eu la possibilité de se régénérer, à la suite du broutage des rennes, car il était impossible à ce dernier de migrer. Lorsque survint en 1963-1964 un hiver particulièrement rude, tous les animaux moururent à l’exception de 41 femelles et d’un mâle stérile : cette population était donc condamnée à s’éteindre à plus ou moins brève échéance, sur cette île jonchée de squelettes. Un exemple similaire s’est produit avec l’introduction du Lapin dans l’île de Lisianski, à l’ouest de Hawaï, dans la première décennie de ce siècle. En moins de dix ans, ces rongeurs se sont condamnés à l’extinction, dans la mesure où ils ont consommé toutes les plantes de l’île, à l’exception de deux pieds de volubilis et d’une planche de pied de tabac.

Ces exemples de suicide écologique, ainsi que d’autres similaires, ont donc porté sur des populations qui ont soudainement été libérées des facteurs habituels régulant leurs effectifs. Les lapins et les rennes sont normalement la proie de prédateurs, et de plus, les rennes se servent sur les continents de la migration comme d’un régulateur qui les faitr quitter une région, de sorte que celle-ci peut régénérer sa végétation. Mais les îles de Saint Matthew et de Lisianski n’avaient pas de prédateurs, et la migration y était impossible, de sorte que les rennes, de même que les lapins, se nourrissent et se reproduisent sans que rien ne viennent les freiner.

Or, à l’évidence, l’espèce humaine entière s’est elle aussi, récemment affranchie des anciens facteurs limitant ses effectifs. Nous ne sommes plus soumis aux prédateurs depuis longtemps : le médecine du XXème siècle a considérablement la mortalité due aux maladies infectieuses ; et certaines des pratiques majeures de limitation de la démographie, comme l’infanticide, la guerre chronique et l’abstinence sexuelle, sont devenues socialement inacceptables. La population humaine mondiale double à peu près tout les 35 ans. Certes, cela ne représente pas une vitesse d’accroissement démographique aussi élevée que celle du renne à Saint-Matthew. L’île Terre est plus grande que l’île de la mer de Béring, et certaines de nos ressources sont plus renouvelables que les lichens (mais ce n’est pas le cas de toutes, comme le pétrole notamment). Toutefois, l’enseignement fourni par le cas du renne à Saint-Matthew reste à prendre en considération : aucune population ne peut croître indéfiniment.

Jared Diamond ; Le troisième chimpanzé ; Folio essai ; 1992; p 545-547

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Ne s'adresser qu'à l'affectivité des masses, qu'à leurs automatismes culturels, c'est rabaisser les individus ; Laborit

Il faut avouer que c’est vraiment mépriser ces masses que de les croire incapables de progrès conceptuels et définitivement automatisées par un langage stéréotypé, des slogans éculés, motivés irrémédiablement par leur seul intérêt digestif, l’appétit de consommation. Ne s’adresser qu’à l’affectivité des masses, c’est rabaisser les individus qui les constituent au rang des espèces qui nous ont précédés et se « servir » d’eux pour asseoir un pouvoir et des privilèges nouveaux.

Certes, il faut mobiliser les masses, mais il faut les mobiliser contre toute structure hiérarchique de dominance, toute structure fermée, figée, sclérosée, analytique et non synthétique, contre celles existantes, mais aussi contre celles qui pourraient survenir. Et pour mobiliser, pour les motiver, il est préférable de s’adresser à leur raison qu’à leur pulsions ou leurs automatismes culturels, ou du moins il faut les motiver raisonnablement. Il faut que leur pulsions fondamentales les amènent à raisonner les mécanismes d’établissement et le contenu de leurs automatismes.

La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard.

Pg292

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Impact des génocides sur l'opinion publique; Diamond

La réécriture de l’histoire, dans le cas d’un génocide touche à l’impact psychologique des massacres chez les exécuteurs, les victimes et les tierces parties. Au premier abord, on pourrait penser que les réaction du public devraient être des plus tranchées à l’annonce de massacres collectifs, délibérés et sauvages suscitant un sentiment d’horreur. En réalité, il est rare que l’attention du public soit attirée par des génocides survenant dans d’autres pays ; et il est encore plus rare que soit mis fin à ces derniers par une intervention étrangère. Qui d’entre nous a fait vraiment attention au massacre des Arabes à Zanzibar en 1964 ou à celui des Indiens Aché au Paraguay dans les années 1970 ?

Les rares génocides perpétrés au XXe siècle qui mobilisent encore la mémoire, notamment l’extermination des juifs par les nazis et le massacre des Arméniens par les Turcs, ont pour particularité que les victimes étaient des Blancs, auxquels nous nous identifions ; les responsables du génocide étaient nos ennemis dans le contexte d’une guerre, et nous étions donc officiellement encouragés à les haïr (en particulier les nazis) ; les survivants ayant échappé à ces génocides sont en mesure de s’exprimer publiquement et consacrent beaucoup d’efforts pour nous obliger à nous souvenir. On voit donc qu’il faut une constellation assez particulière de circonstances pour amener les tierces parties à préter attention à des cas de génocides.

Une étrange passivité des tierces parties se mesure notamment par l’attitude des gouvernements, qui reflètent la psychologie collective des populations. S’il est vrai que l’ONU a adopté en 1948 une convention sur le génocide, au nom de laquelle ce dernier est reconnu comme un crime, cette organisation internationale n’a jamais pris de sérieuses mesures pour prévenir, arrêter ou punir ce genre de massacres collectifs, en dépit de plaintes déposées à sa tribune durant leur exécution même au Bangladesh, au Burundi, au Paraguay et en Ouganda. Dans le cas de ce dernier pays, le secrétaire général des Nations-Unies a répondu à une plainte portée contre le régime de Idi Amin Dada, lorsque celui-ci faisant régner la terreur à son maximum, en demandant au dictateur lui-même de faire une enquête. Les États-Unis ne figurent même pas parmi les nations qui ont ratifié la convention sur le génocide de l’ONU.

Comment expliquer notre étonnante absence de réaction face aux génocides ? De nombreux génocides des années 1960 à 1970 ont été publiquement dévoilés dans le détail, comme cela a été le cas de ceux perpétrés au Bangladesh, au Brésil, au Burundi, au Cambodge, au Timor-Oriental, en Guinée équatoriale, en Indonésie, au Liban, au Paraguay, au Rwanda, au Soudan, en Ouganda et à Zanzibar. (le nombre des victimes a dépassé le million aussi bien au Bangladesh qu’au Cambodge). Par exemple, en 1968, le gouvernement brésilien a poursuivi en justice 34 des 700 employés de son service de protection des indiens, parce qu’ils avaient participé à l’extermination des tribus d’Indiens d’Amazonie. Parmi les faits reprochés aux accusés, énumérés dans un rapport de 5115 pages (appelé le «rapport Figueiredo», du nom du procureur général du Brésil) et dévoilés dans une conférence de presse du ministère de l’intérieur du Brésil, on trouvait : massacres d’Indiens au moyen de dynamite, de mitrailleuses, de sucre imprégnés d’arsenic, de maladies intentionnellement introduites, telle la variole, la grippe, la tuberculose et la rougeole, enlèvements d’enfants Indiens pour en faire des esclaves et engagement de tueurs professionnels d’Indiens par les entreprises se vouant à l’exploitation des terres amazoniennes. Le rapport Figueiredo a fait l’objet de compte-rendus dans la presse internationale, mais il n’a jamais suscité beaucoup de réactions.

Jared Diamond ; Le troisième chimpanzé ; Folio essai ; 1992; p 531-533

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Protéger cette capacité à traiter l'information et à créer en dehors des apprentissages automatiques, des réflexes conditionnés ; Laborit

Par contre ce qui m’intéresse, c’est une réalité nouvelle dans la conscience que nous avons : l’homme est un animal, le seul, qui sache traiter l’information et en créer grâce à son cerveau associatif. C’est cela qu’il faut non seulement protéger de tous les apprentissages automatiques, de tous les réflexes conditionnés, mais que nous devons avant tout favoriser. Il est donc urgent, avant de leur apprendre à manipuler la masse, d’apprendre à l’adolescent ce qu’est l’information, comment et pourquoi le système nerveux, commun à l’espèce, l’utilise. Leur apprendre enfin que cette utilisation peut servir à faire des objets, mais aussi et peut-être surtout, à se connaître, à se situer dans l’ensemble cosmique, dans leurs rapports avec les autres. L’adéquation à la vie, au réel, ne me semble pas devoir en souffrir, mais au contraire en être facilitée.

La nouvelle grille ; Henri Laborit ; Folio Essai ; Gallimard.

Pg290

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